Ce livre est un véritable coup de cœur, sans doute l'un de mes livres préférés, même si on le classe en littérature de jeunesse.

De qui est-ce ? Michael Morpurgo
Quelle édition ? Poche, mais je préfère de loin mon édition, plus jolie, qui ajoute à la beauté de l'histoire avec des illustrations à l'aquarelle : Gallimard Jeunesse

Ça ressemble à quoi ? un peu plus de 220 pages

J'ignore si en collection Poche on a droit aux illustrations, mais dans la collection que j'ai, les textes sont agrémentés d'aquarelles très jolies, le tout sur papier glacé. Ce livre, même s'il n'a rien d'extraordinaire dans sa conception, est un vrai petit bijou.

9782070537051FS

Pour qui ?

Le roi de la forêt des brumes est un roman pour adolescents (jeune héros, écriture fluide et rapide) mais il peut aussi bien être lu en tant qu'adulte pour peu que l'on aime les histoires à mi-chemin entre réel et irréel.

De quoi ça parle ?

Ashley vit en Chine, où son père a fondé une mission et un hôpital. Contraint de fuir, à cause la guerre, avec son Oncle Sung, notre héros se retrouve sur les routes, à cacher son identité qui pourrait lui valoir la mort. Un blanc, fils de missionnaire de surcroit, n'est pas le bienvenu au Tibet. Le jeune garçon est donc contraint de se déguiser. Mais le chemin est long et, au cœur des montagnes, Oncle Sung et lui se perdent lors d'une tempête de neige. Ashley, à demi mort de faim et de froid, sera alors recueilli par des yétis, un peuple légendaire, qui, étrangement, semble déjà le connaitre.

Le récit ne se veut pas du genre fantastique, on n'aura pas de pseudos preuves sur l'existence des yétis. C'est juste comme ça : il faut accepter de croiser ce peuple, tenter de s'y intégrer et finalement se demander si l'on n'a pas rêvé. Ashley découvrira un mode de vie différent et apprendra à comprendre ses nouveaux compagnons. L'histoire est encore enrichie par une petite intrigue, sur le fait que les yétis ont eu l'air de reconnaitre Ashley alors que le jeune garçon ne les avait jamais rencontrés auparavant. Ce dernier ne cesse d'essayer de comprendre ce mystère.

Le roman est écrit de façon très légère, on n'aura pas de lourdes descriptions, mais plutôt une succession de petits détails créant le décor et donnant un aperçu du contexte particulier. C'est une façon d'entrer dans un passage de l'Histoire à travers les aventures d'Ashley qui garde une vision d'enfant des événements. Le début est peut-être un peu laborieux, pour la tranche d'âge à laquelle ce livre s'adresse, car le résumé de l'enfance d'Ashley est très rapide : alors que l'on n'a pas encore eu le temps de s'attacher au héros, voilà qu'il nous raconte la rencontre de ses parents... un peu difficile comme entrée dans l'ouvrage. En revanche, après, on se laisse entrainer alors que les événements se précipitent et que notre héros doit fuir.

En effet, les personnages sont bien plantés et on s'y attache avec plaisir. Ashley semble être un enfant banal, précipité dans le cours des événements et s'y adaptant comme il peut. Oncle Sung fait office de guide que l'on a plaisir à suivre. Enfin, les yétis eux-mêmes, nommés par Ashley, sont attachants au possible et donnent envie ni plus ni moins d'aller vivre avec eux dans une grotte !

 

En conclusion ?

Un livre magnifique qui emporte au cœur des neiges. C'est un récit tout en finesse et plein d'émotions sans que l'auteur n'en fasse trop.

Quelques lignes ?

P.73

Je ne parvenais ni à prendre la fuite ni à crier. Même quand l'énorme créature s'avança vers moi à pas pesants, je restai cloué au sol.
Comme la tête me tournait, je levai la main pour garder l'équilibre en m'appuyant contre la porte. Lorsque je fis ce geste, la créature s'immobilisa instantanément, bouche ouverte, respirant fortement. Elle était tout près de moi maintenant, et me dominait de sa haute taille. C'est alors que mes idées s'éclaircirent et il me vint à l'esprit qu'il pouvait s'agir du yéti qu'Oncle Sung m'avait décrit.

P.78-79

Les deux yétis s'assirent en face de moi sur leur arrière-train et se mirent à m'examiner attentivement. Je reconnus aussitôt le premier comme étant le yéti qui m'était devenu familier sous le nom de Roux, dans mes rêves. Le second était manifestement plus âgé. Il avait la tête et la barbe blanche. La peau de son visage était plus foncée; plus abondamment plissée, et les rides la ravinaient. Il paraissait n'avoir qu'une oreille, mais il était dur de voir à travers les poils.

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